L'album Santhiaba dont la composition est prête est une invite à découvrir l'histoire de la Casamance à travers leur quartier natal Santhiaba. Lieu de départ de la Casamance actuelle, le quartier est devenu un « melting pot », un creuset humain et culturel à l'image du Sénégal. Est - ce un retour à la source ? « Un retour à la source, argumente Ismael Touré, c'est pour des gens qui ont quitté la source. Il faut plutôt dire, a -t-il précisé, inviter les autres à découvrir le quartier, à connaître son histoire. En fait c'est ça que nous avons comme rôle. Ce dernier consiste à montrer aux gens qu'il y avait eu une histoire et dans celle ci nous étions les premiers concernés parce que nous étions les véhicules ». Les gens qui véhiculaient un intérêt qui est aujourd'hui partagé par un plus grand nombre ? « Cet intérêt-là est devenu une richesse culturelle et artistique et c'est cela que nous devrions ramener pour le rappeler aux gens. Il faudrait que les gens se posent les vraies questions ».
Avaient - ils le temps de se poser des questions les festivaliers de Vernier ? Les Africains de Suisse, plongés ces derniers jours dans un malaise profond dû à des affiches et autres déclarations racistes de l'extrême droite, auront trouvé du baume au cà "ur avec le Touré Kunda. Le secret ? « Nous avons une manière de les ramener au pays. C'est-à-dire de jouer sur scène, de se retrouver avec eux dans une certaine osmose qui rappelle à chacun d'entre nous quelque chose de son enfance. C'est ce souvenir qui les ramène à se renforcer et de se battre parce qu'il n'y a pas de raison à s'inquiéter ou à se faire de soucis » explique Ismael Touré. Et ce dernier de philosopher : « Nous ne sommes là (ndlr sur terre) que de passage. Nous, comme les Suisses qui vivent ici. Notre dernière demeure à tous, ce sera ailleurs (ndlr, l'au-delà pour les croyants). Nous qui vivons en occident et qui espérons rentrer chez nous, nous n'avons donc pas à nous inquiéter ». Eh oui !Beaucoup d'émotion et de joie. Deux heures de bonheur à travers l'éclectisme de leur musique, la cadence rythmée de leurs pas qui s'élançaient au gré des déclinaisons de leurs voix suaves et tendres et la savante complicité des instrumentistes comme le jeune guitariste Laye Kane.Suisses, Américains, Latinos, Sénégalais, Guinéens etc, venus nombreux, chacun se rappelait de ces belles notes des années 80.




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