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Date de création : 01/11/07 / Dernière mise à jour : 29/12/07 00:02 / 139 articles publiés
CHEIKH NDIGUEL LO posté le dimanche 18 novembre 2007 01:02
Non-conformiste, Cheikh Lô est un
esprit libre dont le parcours musical au fil des ans l’a
amené à absorber les styles et les cultures du monde
entier. Avec cette spiritualité profondément
enracinée, Cheikh a combiné ces influences dans un
son qui lui est propre. Cheikh dédie sa musique et sa vie au
Baye Fall, une forme spécifiquement
sénégalaise de l’islam et partie de la grande
fraternité Islamique du Mouridisme. Fondé par Bamba
(Cheikh Ahmadou Bamba M’Becke) à la fin du 19
ième siècle, le Mouridisme émerge des conflits
nationaux entre les Sénégalais et les colonisateurs
français. On raconte beaucoup d’histoires incroyables
au sujet des combats de Bamba avec les autorités, lesquelles
craignaient que la rapide expansion du Mouridisme inspire une
insurrection armée. Cheick Ibra Fall (aussi connu sous le
nom de Lamp Fall), le plus proche disciple de Bamba, mit en
place le mouvement Baye Fall. Il est aussi le premier
à porter des vêtements en patchwork et des longs
dreads, marque des Baye Fall. Massamba (Maame Massamba
N’Diaye), centenaire disciple de Cheikh Ibra Fall est
le marabout de Cheikh Lô ; Cheikh le porte en photo sur
un pendentif autour du cou. Cheik Lô est
Sénégalais. Né en 1955, de parents
sénégalais, dans la petite ville de Bobo Dioulosso au
Burkina Faso, pas très loin de la frontière avec le
Mali. Il y grandit en parlant Bambara (langage du Mali), wolof
(sénégalais) et français. Son père
vient d’une longue lignée de marabouts. Très
tôt, Cheikh Lô s’intéresse à la
musique, s’échappant de l’école pour
apprendre tout seul les percussions et la guitare sur des
instruments empruntés. Durant son adolescence, Cheikh
écoute différentes sortes de musique,
spécialement la rumba congolaise, populaire à travers
l’Afrique. Dans les années 50, la musique cubaine
faisait fureur dans tout l’ouest africain, si bien que
lorsque ses grands frères faisaient jouer leurs 78 tours et
dansaient sur « El Poncho Bravo », Cheikh,
sans rien comprendre, mimait les paroles en espagnoles. A 21 ans,
Cheikh commence à jouer des percussions avec
l’orchestre Volta jazz à Bobo Dioulasso. Ils
travaillent plein de styles de musique différents et des
reprises d’autres morceaux africains, comme les succès
d’Ernesto Djedje de la Cote d’Ivoire. Cheikh part
à Dakar en 1970 où il commence à jouer de la
batterie pour le célèbre chanteur progressiste, Ouza.
En 1984, il rejoint le groupe de l’hôtel Savana, avec
lequel il joue et chante un répertoire international. En
1985, il vient en France, où il intègre la
scène parisienne comme batteur de studio. Cheikh se
souvient : « Ce fut studio – dodo –
studio pendant 2 ans. J’aime beaucoup la musique
congolaise et camerounaise ; du coup j’en ai beaucoup
absorbé pendant cette période. Aussi pouvez- vous
peut-être entendre du Papa Wemba dans mon
chant. ». A son retour au Sénégal, il
essaie de reprendre son ancien travail au Savana mais
découvre qu’avec ses longues dreadlocks, il
n’est plus vraiment le bienvenu; alors il décide de
chercher quelqu’un pour produire sa musique. C’est en
1989, alors que Cheikh fait les choeurs et la batterie sur
l’album de Youssou N’Dour, produit par N’baye (un
chanteur traditionnel Wolof griot) , que Youssou et Cheikh Lô
se rencontrent. « A chaque fois qu’il chantait les
chœurs, j’étais submergé
d’émotion. » explique Youssou,
« mais c’est sur son album
« Doxandeme» que j’ai vraiment appris
à le connaître ; j’ai entendu sa voix et
j’ai dit ‘wow’. J’y ai trouvé
quelque chose, comme un voyage à travers le Burkina, le
Niger, le Mali. » « Doxandeme »
(Immigrants), la première cassette de Cheikh, sort en 1990.
Il y chante l’expérience d’être
sénégalais à l’étranger :
« C’était dur et j’avais besoin
d’avoir une croyance profonde dans ma religion »
explique t-il. « Doxandeme » est une
production locale sur un petit label, la cassette s’est bien
vendue et a fait circuler mon nom, mais de mon propre point de vue,
ce n’était pas du tout professionnel. »
Malgré ses réserves au sujet de la production, en
décembre de cette année là, Cheikh gagne le
prix du « Nouveau Talent » à Dakar. Et
l’année suivante, il commence à travailler sur
les compositions de « Ne La Thiass. » Cheikh
s’accroche à ses nouvelles compositions tandis
qu’il est à la recherche des meilleures conditions
d’enregistrement, et confie sa démo à Youssou.
En écoutant ses chansons, Youssou est immédiatement
intéressé pour le produire. Bien que son
succès avec « Seven seconds » suspende
l’enregistrement, il tient sa promesse et en août 1995
ils commencent à travailler dans le Xippi studio de Youssou
à Dakar. Sur « Ne La Thiass », Cheikh
est rejoint par Youssou N’Dour (« Guiss
Guiss » et « Set ») et par les
musiciens du Super Etoile de Dakar, par Oumar Sow (guitariste et
arrangeur), Babacar Faye (percussions) et Assane Thiam (talking
drum). « Ne La Thiass » sort nationalement
sur Jololi, le label de Youssou et s’avère un
succès immédiat. « Set » - un
appel pour nettoyer les rues pendant une grève municipale
à Dakar, est diffusé par des haut-parleurs à
travers le pays dans une campagne organisée par le
ministère de la santé. « Ne La
Thiass » sort au niveau international sur le label World
Circuit, en novembre 1996. En avril 1997 Cheikh Lô fait sa
première tournée en Europe avec son propre groupe.
Ses premières représentations suscitent des critiques
dithyrambiques…« Un artiste incontestable avec
une énergie et une personnalité équivalente
à celle du Bob Marley des débuts ». The
Guardian. En 1997 Cheikh Lô est
récompensé comme Best Newcomer (Meilleur Nouveau
Venu) à la cérémonie de la Cora en Afrique du
Sud. (Kora All-African Awards). En 1998 il tourne aux Etats-Unis,
dans le cadre de l’ « African
Fête » qui inclut Salif Keita et Papa Wemba. En
1999 il reçoit le prestigieux « Ordre National du
Mérite » des mains du président du
Sénégal. « Bambay Gueej », le
second album de Cheikh Lô pour World Circuit, sort en 1999,
les morceaux sont co produits par Nick Gold et Youssou N’Dou,
et enregistrés principalement au studio de Youssou, le
Xippi, puis à la Havane et Londres. En plus de
l’énergie et de l’intensité
émotionnelle de son premier album, Cheikh Lô tire des
sons du Burkina Faso, du Mali, du Congo et rajoute des influences
de Cuba, du reggae, et de l’African funk
détonnant. Dans cet album la voix de Cheikh est plus douce
que jamais. Et bien qu’il y joue une variété
d’instruments, il conserve les musiciens principaux de son
premier opus. Cet album présente une sélection
d’invités très particuliers dont le héro
musical de Cheikh, le légendaire Richard Egües de Cuba
à la flûte, et Bigga Morrisson d’Aswad à
l’orgue Hammond. Pee Wee Ellis, saxophoniste et ancien
arrangeur de James Brown et d’Horny Horns, apparaît sur
le morceau titre. Et puis l’artiste World Circuit, la diva
malienne Oumou Sangaré apporte son incroyable talent vocal
au duo évocateur
« Bobo-Dioulasso ». En 2002 Cheikh Lô
joue dans de nombreux festivals à travers les Etats-Unis,
puis au Royaume-Uni. Au début de l’année 2003
Cheikh offre plusieurs concerts en Espagne et apparaît au
Womad en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il a aussi
contribué à deux morceaux sur l’album
« Red Hot and Riot », qui réunit les
artistes importants de la world musique sur des chansons de Fela
Kuti. Cet album fait partie d’une série de
compilations destinées à lever des fonds pour les
associations luttant contre le SIDA. 2003 est une année
productive pour Cheikh : non seulement il joue dans un certain
nombre de festivals d’été européens,
mais surtout il travaille sur son troisième album pour World
Circuit. Suivant la musique qui l’a influencé
à l’époque, Cheikh pose les fondations de
l’album à Dakar, part à Londres
l’année suivante pour ajouter plus de percussions, et
une fois de plus les cuivres de Pee Wee Ellis; inspiré par
sa découverte des sons et des rythmes brésiliens,
Cheikh voyage à Bahia au Brésil en 2005 pour
travailler avec le producteur Al Siqueira (Tribalistas, Omara
Portuondo…). « Lamp Fall » est
peut-être l’album reflétant le plus la
personnalité de Cheikh : il retient le profond message
spirituel du Baye Fall, tout en incorporant des rythmes
brésiliens, un groove sénégalais, un sens de
la chaleur et de la joie, un funk propre à Cheikh Lô.
Cheikh sera sur la route en 2006, donnant la chance au public
d’écouter ce nouveau son par l’un des artistes
les plus énigmatiques d’Afrique.




hi