En trente ans, le Mbalax s'est imposé comme la principale musique d'animation des soirées dansantes et même des autres cérémonies traditionnelles au Sénégal et en Gambie, détrônant les compositions d'inspiration afro-cubaine ou congolaise (salsa et rumba) qui dominaient la scène musicale.
L'usage dans les chansons de la langue wolof, commune aux deux pays, et l'introduction d'instruments de percussion traditionnels, comme le sabar (tam tam) et le tama (tambourin d'aisselle), aux côtés d'instruments modernes, ont beaucoup contribué à la popularité du mbalax et à son ancrage dans la société.
Cette évolution s'est amorcée lentement. Les groupes sénégalais qui ne jouaient au départ qu'un mélange de rumba et de salsa, ont commencé à introduire sur les mêmes rythmes, des chansons en wolof.
Parmi les précurseurs figurent notamment Kounta Mame Cheikh du Super Cayor de Thiès, Pape Seck du Star Jazz de Saint Louis, dont le chef d'orchestre et saxophoniste, Pape Samba Diop dit ''Mba'', s'était également lancé dans le jazz avec la Sénégalaise Aminata Fall, devenue la première chanteuse sénégalaise à évoluer dans un orchestre moderne.
Au nombre les pionniers qui ont transformé la musique sénégambienne avec des chansons typiquement folkloriques, les plus remarquables furent le saxophoniste Bira Gaye et sa chanteuse Mada Thiam.
Un autre chanteur, Abdoulaye Mboup, eut beaucoup de succès avec l'orchestre Boabab de Dakar (qui a connaît actuellement une nouvelle jeunesse après plusieurs années d'éclipse), en interprétant des chansons en wolof, toujours sur un rythme de rumba.
En Gambie, c'est en 1969 que le groupe « les Super Eagles » avec Pa Touray , Francis Taylor et Oussou Ndiaye ''Senior'', ajoute le sabar à la musique moderne et lance le ''Ndaga'', l'équivalent gambien du mbalax sénégalais.
Les Super Eagles, très célèbres aussi bien au Sénégal, en Gambie qu'au Ghana et au Royaume Uni, ont figuré en 1968 en tête du palmarès de la musique africaine, établi par la BBC.
En 1971, Ibra Kassé, longtemps hostile à une introduction brutale d'instruments traditionnels dans les orchestres modernes, décide de franchir le pas avec sa formation musicale, le Star Band. L'homme qui est considéré comme le formateur de la plupart des artistes et musiciens sénégalais, adopte le mbalax sous la houlette de Pap Seck, Mamané Fall, Doudou Sow, Mar Seck, Yahya Fall.
Les compositions du Star Band comme ''Thielly'' ou ''Kouye Lal Mademba'' resteront longtemps au sommet du hit parade sénégalais.
Pendant ce temps en Gambie, le ''Ndaga'' continuait son chemin avec le Guelewar Jazz Band et son chanteur-vedette Moussa Ngom dont la chanson fétiche ''Sama Yaye dem na Ndar'', qui, avec le démarrage de la télévision sénégalaise, fit tabac au Sénégal.
Le succès fulgurant du mbalax , propulsé par Youssou Ndour, tête de file d'une multitude de chanteurs, continue de plus belle, malgré l'arrivée du hip hop et le retour en vogue de la salsa. Ce succès ne fait pas oublier Laba Sosseh, qui de 1962 à 1970, fut la vedette incontestée de la musique sénégambienne voire ouest africaine.
Ce gambien, récemment décédé, dont l'essentiel de la carrière s'est déroulé au Sénégal et en Côte d'Ivoire, fut le premier africain à remporter un disque d'or avec sa célèbre chanson, ''Seyni''.
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zo
dim 28 sep 2008 17:38